25 novembre 2017 - L'équipe - "Hypothèses"

Écritures : les solidarités en question #2

Dans la continuité de nos réflexions sur les “solidarités” (festival en cours !), un nouveau texte est disponible en ligne sur notre carnet de recherches sur la plateforme Hypotheses.org, en voici le résumé :

Mikaëla Le Meur est doctorante en anthropologie au LAMC – Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains de l’Université libre de Bruxelles (et également membre du collège d’administration du Tamis). Elle a choisi de mobiliser ses enquêtes sur les filières de recyclage au Vietnam pour questionner la manière dont les choses, en particuliers les objets déchus, relient les humains, parfois malgré eux. Ces liens matériels imposent selon elle de réfléchir aux différentes responsabilités engagées dans les échanges internationaux et les risques pour la santé et l’environnement qui leurs sont associés.

Pour lire l’article, c’est ici !

Minh Khai

Le village des recycleur.se.s de plastique de Minh Khai – Vietnam

21 novembre 2017 - L'équipe - Rencontres et lendemains

Get Up, stand up !

Samedi dernier ont eu lieu les Assises/Debout-en-tout-cas-pas-couché.e.s du Tamis. Dès l’aube (oui oui), après avoir goûté au café d’Urban Prod, qui nous accueillait dans ses locaux, les T’ami.e.s présent.e.s se sont mis.e.s au turbin. En effet, la fin des contrats aidés qui a touché de plein fouet l’association nous a donné du boulot… enfin, du fil à retordre, quoi!

Sessions de travail

La matinée a consisté en trois sessions de travail pour penser les activités en cours et à venir de l’association.

Dans la première session, il s’est agit de faire un bilan des forces et des projets menés dans le cadre de l’animation des ateliers d’anthropologies coopératives et créatives du Tamis, à destination des scolaires, mais pas seulement. Durant l’année 2016-2017, l’association a développé un bel éventail d’ateliers mêlant sciences humaines et sociales, éducation populaire et techniques/expressions artistiques. L’année 2017-2018 est déjà chargée de stimulantes propositions et opportunités de développement. Les ateliers du Tamis sont des créations originales et leur conception est un temps privilégié d’échanges de savoirs et d’expériences entre les animateurs/trices qui travaillent avec l’association.

Cette session a également permis d’accueillir dignement Eleonora, stagiaire au Tamis depuis mercredi dernier, dans le cadre d’une formation BPJEPS. Eleonora projette de concevoir, avec le Tamis, un atelier mêlant anthropologie et musique… ça sonne drôlement bien !

Sessions

La seconde session portait son attention sur les différents évènements publics auxquels le Tamis participera durant l’année 2017-2018. D’une part, des évènements co-organisés avec des partenaires marseillais, d’autre part, des évènements que l’association propose pour ses adhérents et pour une communauté marseillaise élargie. Qu’il s’agisse de la Fête de la Science, du Festival des Solidarités, ou de la future Fête de l’Anthropologie de la Vieille Charité, le Tamis devient progressivement un acteur de l’évènementiel scientifique, culturel et associatif marseillais. Nous avons également avancé sur l’organisation d’un prochain “workchopes de bières” pour le premier semestre de 2018… mais cessons de titiller votre curiosité, vous en saurez plus bientôt!

C’est également dans cette seconde session que nous nous sommes intéressé.e.s à la continuation des cycles d’ateliers tables basses, moments privilégiés de réflexion mêlant expériences pratiques et références théoriques que le collège Sciences et Techniques organise pour les membres de l’association. Pour un bilan des ateliers passés, explorez-donc la rubrique qui leur est dédiée sur notre carnet de recherches hébergé sur la plateforme Hypothèses.org.

SessionEv&Renc

La troisième session a pris à bras le corps la question des formes d’écritures et d’expressions que le Tamis souhaite continuer à développer. À travers les différents outils de communication numérique dont nous disposons (carnet de recherches, blog, plis, réseaux sociaux etc.), nous souhaitons explorer les formats, expérimenter des manières de confronter et d’allier expressions littéraires, graphiques, scientifiques et multimédias. Focus sur les images cette fois – dessins, illustrations etc. – et sur leur place au sein de nos écritures. L’objectif 2018 est de les remettre au centre de notre pratique de réflexion. Une nouvelle rubrique destinée à mettre en avant ces expérimentations imagées verra le jour bientôt !

Enfin, il a été question de créer de nouveaux formats papiers qui permettraient au Tamis de diffuser ses visuels par des objets matériels au faible coût de production. Nous aimons les livres, certes, mais il y a de la place pour tout le monde… En 2018 c’est le fanzine et à la photocopie pirate qui seront à l’honneur !

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Alors on danse…

Durant la journée, l’opportunité à été offerte aux un.e.s et aux autres de s’asseoir ou de se lever, selon les situations… Le déjeuner fut le temps du grand ballet des corps en mouvements. Entre les courses et la vaisselle, nous avons profité du rez-de-chaussée du Mars Media Lab, qui était, osons l’expression, inondé de soleil, ce qui est fort appréciable en cette saison rafraîchissante. Comme toujours au Tamis, l’éclectisme est de rigueur. Aussi, nous avons associé purée de panais et pizza aux anchois, bières et citronnades, chips et gratin de courge.

Assises&Debout
Cène

Après ce festin, notre anthropologue-animatrice en chef nous a extirpé.e.s de nos envies de siestes en nous dispensant ses connaissances en circulation énergétique nippone : WOUAH ! et CHLAC ! Quand l’éducation populaire met son grain de sel pour remettre les corps en mouvement après le déjeuner, ça décoiffe!

Enfin, après le jeu du Samouraï, le Fouts-y-tout! Un dernier temps de mise en commun des idées et projets ébauchés durant la matinée a permis d’exposer les dernières questions et solutions pour enfin se lancer.

Les fiches projets sont prêtes, les feuilles de routes sont écrites, les dossiers sont ouverts, les chantiers sont lancés. Tout le monde a fait l’effort de ménager sa monture pour mieux couvrir la distance. Alors en avant !

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Don Quixote – Picasso

Dès le soir, certain.e.s sont allé.e.s explorer l’univers scientifique, politique et poétique de Bernard Friot au théâtre Mazenod. Nous louons leur courage ! Car la conférence gesticulée a duré 4 heures au bas mot. Mais cette expédition risquée en valait la peine. Le récit de ces aventures sera disponible bientôt. Mais c’est une autre histoire…

Merci à Anna, Julia, Eleonora, Laura, Prune, William, Marion, Lucille, Marjolaine, Mikaëla, Apolline, Fleur, Élodie, Claire, Mona et Sofien pour leur présence !

20 novembre 2017 - L'équipe - "Hypothèses"

Écritures : les solidarités en question #1

Dans le cadre de l’édition 2017 du Festival des Solidarités, dont le Tamis est un des organisateurs marseillais, nous avons demandé à des chercheur.se.s en sciences sociales de penser les “solidarités” à l’aune de leurs terrains d’enquêtes. C’est notre carnet de recherches sur la plateforme Hypotheses.org qui accueillera les différentes contributions.

En voici la première !

Résumé :

Mona Lila Yuka, doctorante en anthropologie au LADEC – Laboratoire d’Anthropologie des enjeux Contemporains de l’Université de Lyon 2 (et également membre du collège d’administration du Tamis) s’est livrée à cet exercice en examinant sa recherche sur la gestion des ressources forestières au Gabon. Elle propose, dans le texte suivant, de discuter des conditions de reproductibilité d’une solidarité associative dans les villages forestiers d’un pays marqué par une économie politique inégalitaire.

La salle de réunion du village de Dagani - 230715

La salle de réunion du village de Dagani – Gabon

Avec ce premier texte, nous inaugurons une nouvelle catégorie dans le menu de notre carnet de recherche : “Solidarités”. Il s’agira d’y regrouper des textes questionnant cette notion, et plus largement, certains concepts circulant entre les sciences sociales et le monde militant, afin de comprendre les différentes réalités que ces mots recouvrent.

6 novembre 2017 - L'équipe - Rencontres et lendemains

Organisation des Assises/Debout du Tamis >> 18 Novembre 2017

Comme vous le savez, la rentrée du Tamis s’est avérée glaciale, la fin de l’été marquant pour nous la fin des contrats aidés, et donc la fin (temporaire?) du salariat. Mais loin de se laisser contaminer par la vague de gel qui voudrait anéantir les activités associatives, nous restons, tel le roseau, flexibles aux aléas climatiques et politiques, et regardons déjà vers de nouveaux horizons.

Roseaux

Pour envisager le futur du Tamis, nous avons besoin de faire un état des lieux, de nous demander: de quelles forces vives disposons-nous actuellement pour faire avancer le collectif? Autrement dit: qui veut s’impliquer, pour faire quoi et dans quelles conditions? Quelles sont les envies du moment, et de chacun.e? Quels projets voulons-nous lancer dans les mois à venir? Nous avons besoin de (ré)organiser le travail collectif.

Assises/Debout…

en tout cas pas couché.e.s !

 

C’est dans cette optique que nous vous proposons une journée d’ateliers et de réflexions qui aura lieu:

Samedi 18 novembre,
de 09h30 à 16h à Urban Prod,
18 rue Colbert, 13001 Marseille

PROGRAMME :

9h30: Arrivée, réveil en douceur avec du café.

10h-12h30: Présentation de l’organigramme actuel, du fonctionnement par collège.

Répartition en sessions de travail en fonction des intérêts de chacun.e

12h30-14h: REPAS PARTAGE

Pour l’occasion, chacun amènera un petit quelque chose à partager

(ou à manger dans son coin…)

14h: Restitution des travaux en groupe et résolution des questions en suspens.

16h: Mot de remerciement et clôture.

Décision sur le lieu des retrouvailles pour l’apéro du soir.

On vous attends donc vaillant.e.s, enjoué.e.s et surtout pas couché.e.s !

 

Tout le monde est bienvenu !

Nicolas
3 novembre 2017 - L'équipe - Ateliers

Histoires de mondes inconnus : exploration des imaginaires au cœur de l’archi-vérité

Regards alertes, oreilles tendues et crayons à la main, les explorateur.rice.s des mondes inconnus ont parcouru, vendredi 13/10 et samedi 14/10 les Archives Départementales des Bouches du Rhône, à l’occasion de la 26ème édition de la Fête de la Science, organisée en région PACA par l’association les Petits débrouillards. Collégien.ne.s, lycéen.e.s, enfants accompagnés de leurs parents et (jeunes) adultes ont été missionné.e.s par Le Tamis pour partir à la découverte des personnes, des histoires et des objets qui habitent ce lieu. Cette enquête collective à donné lieu à la création de différentes cartographies participatives, permettant de restituer les explorations.

***

La Fête de la Science est une manifestation qui invite à découvrir les sciences, à s’informer sur l’actualité scientifique sous des formes variées, interactives et ludiques, en rencontrant des professionnels des diverses disciplines et de la médiation scientifique. C’est donc aux Archives Départementales des Bouches-du-Rhône que se tenait, à Marseille, le village des sciences, réunissant des acteurs scientifiques, qui proposaient sur leurs stands expériences, manipulations, expositions, conférences, spectacles, projections etc. Cet évènement nous a fourni une occasion inespérée de pénétrer dans les locaux des Archives qui ne sont ouvertes que deux fois dans l’année : lors des Journées du Patrimoine… et pour la Fête de la Science.

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Archivez, vous êtes observés

 

Durant la journée du vendredi, le Tamis a accompagné des scolaires et des jeunes adultes au cœur du bâtiment des archives, ouvert spécialement pour l’occasion, mais uniquement accessible avec l’aide des médiateur.rice.s culturel.le.s du lieu. Guidé.e.s par Paul, Isabelle et Chloé, nos jeunes observateur.rice.s ont déambulé dans les locaux des Archives, où sont stockés sur sept étages une multitude de documents… le plus ancien datant de l’an 814, année de la mort de Charlemagne !

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À la différence des visites guidées habituellement réalisées aux archives, l’exploration proposée par le Tamis demandait aux participant.e.s d’adopter une posture active : leurs accompagnateur.rice.s avaient pour consigne de ne fournir des explications que si des questions étaient formulées. Les médiateur.rice.s culturel.le.s étaient alors sollicité.e.s par les enquêteurs et les enquêtrices pour répondre à leurs questionnements sur le lieu, pour les aiguiller vers les espaces qui les intriguaient, pour ouvrir les portes interdites aux visiteur.se.s habituel.le.s, pour rencontrer de nouveaux interlocuteur.rice.s avec qui organiser de cours entretiens.

« Votre mission : rencontrer, observer, raconter »

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Chaussant leurs lunettes d’anthropologue, les participant.e.s aux ateliers organisés par le Tamis devaient, à l’issue du parcours d’exploration, rapporter leurs anecdotes d’enquête, soigneusement notées sur leurs carnets de terrain. Afin de se familiariser à la pratique de la recherche en sciences sociales, les anthropologues en herbe avaient trois missions à remplir : faire des entretiens sur le vif avec les personnes qui travaillent sur le lieu ; noter et rapporter leurs observations personnelles et leurs ressentis ; être à même de décrire ou de redessiner un des curieux objets aperçus en chemin.

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Mappa mundi collectiva et multiplex

 

De retour en salle des cartes (i.e. le stand du Tamis), les participant.e.s devaient restituer leur exploration par l’intermédiaire d’une carte en 3D représentant les lieux visités. Recherchant dans leurs carnets de terrain les rencontres et les expériences qui les avaient le plus marquées lors de leur exploration, ielles ont travaillé collectivement à fabriquer des cartouches destinés à peupler le fond de carte proposé par l’association. Entre le galet, espace inconnu qui ne faisait plus de mystère pour les explorateur.rice.s, la salle de lecture des codex, les bureaux inaccessibles au public et les divers recoins du bâtiment, les apprenti.e.s cartographes ont alimenté la carte avec les citations des personnes interviewées, leurs observations personnelles et les objets rapportés.

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Exemple de carte personnage :

Spiderman – superhéros : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. »

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Extraits des cartouches :

« Espace archives : lumière artificielle, température constante surveillée à 18°C, odeur de papier, son sifflant »

« Galet : bruit de ventilation, froid, tout gris, long couloir, épuré, sent le vieux »

Citation de Fatima J. – Historienne, géographe et agent d’accueil : « Tout est une question de point de vue ! »

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Le village des scientifiques : l’exotisme près de chez vous !

 

Le samedi, le Tamis a adapté son atelier au public des familles venues au Archives Départementales pour découvrir la Fête de la Science. Une variante de l’exploration de la veille a donc été proposée aux visiteur.se.s : aller à la découverte de « la tribu des scientifiques » et de son village, comprendre son langage décoiffant, observer ses mœurs parfois étonnantes et décrire ses objets bizarres. Il s’agissait, pour les animatrices du Tamis, d’amener les passant.e.s à porter un regard anthropologique sur l’événement de la Fête de la Science, tout en invitant les personnes à s’amuser en adoptant une posture singulière : passer du statut de visiteur.se au statut de commentateur.rice de l’évènement. Les enfants et leurs parents se sont prêté au jeu, équipés d’un simple carnet de terrain et d’un crayon, mais animés par le pouvoir phénoménal de leur imagination !

En prenant comme « terrain d’enquête » la Science – les objets, les expériences, les scientifiques, les participant.e.s se sont découverts explorateur.rice.s d’un monde…

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Après une courte présentation de cette science qu’on appelle l’anthropologie – par un exposé basé sur une collection de chapeaux incroyables –, les visiteur.se.s ont débuté leur enquête pour répondre aux questions suivantes : Qui font les sciences et les partagent ? Quelles sont les découvertes présentées lors de la Fête de la Science ? Que représentent les objets des scientifiques ? À quoi servent les expériences scientifiques ? . Les participant.e.s, passant.e.s, curieux.ses des Sciences, « coachés » par les animatrices anthropologues du Tamis ont ainsi rempli leurs missions d’exploration.

Une fois le village parcouru, ielles revenaient sur le stand du Tamis afin de partager leurs découvertes et ajouter leur carte Objet, Observation ou Personnage pour compléter la cartographie de la Fête de la Science de leurs trouvailles. Les (tout.e.s) petit.e.s, comme les grand.e.s, ont alimenté une nouvelle cartographie participative avec leurs descriptions et leurs observations, en faisant la part belle à leur point de vue sur l’expérience et en racontant leurs histoires d’exporteur.rice.s, revenu.e.s de contrées lointaines et exotiques.

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Extraits des cartouches :

« J’ai mis un casque de réalité virtuelle et j’ai eu un peu peur. – Mohammed »

« Stupéfiant ! 35 tonnes de mercure/an arrivent dans l’atmosphère en Arctique (sans compter celui venu par mer/rivière). – Guillaume »

« J’aime les expériences. – Jade »

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Cette visite expérimentale a été un prétexte ludique pour parcourir les différents stands scientifiques présents lors de cet événement, tout en familiarisant les visiteur.se.s aux sciences humaines. C’était aussi une belle occasion de partager avec les passant.e.s et les autres exposant.e.s ce qui nous meut au Tamis.

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La carte de la Fête de la Science réalisée le samedi est actuellement en exposition dans les locaux des Petits Débrouillards (organisateurs de l’évènement) à Frais Vallon.  Le Tamis envisage d’organiser une exposition des résultats de l’atelier d’« Histoire des mondes mé/inconnus », auprès des différents partenaires et participant.e.s rencontré.e.s.

 

>> Merci aux animatrices et rédactrices de ce compte rendu :

Élodie, Fleur, Julia, Marjolaine et Mikaëla