4 décembre 2019 - L'équipe - Ateliers

LIVING LEGENDS – Suite et fin de l’édition marseillaise

Retour sur l’atelier à l’estaque

 

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Après avoir été accueillis par Urban Prod pour le premier atelier à Belsunce, nous sommes partis à l’Estaque pour investir le cinéma de quartier l’Alhambra. Pendant sept jours, les jeunes de l’Epide et de Sigma Formation ont recueilli et donné vie à de nouvelles histoires. Celles-ci nous ont été contées par des anciens du quartier sur les lieux où elles se sont déroulées comme le port ou la chapelle de Notre Dame de la Galine dans les hauteurs du quartier. Ces belles rencontres ont insufflé de nombreuses idées et ont amené à la réalisation de courts métrage en stop motion très créatifs. Pour les décors, les participants ont récupéré des matériaux locaux comme du sable, des coquillages et plantes. Des habitants ont été mis à contribution pour les voix off. Et nombreux sont ceux qui nous ont fait don de matériaux recyclés.

clôture festive du projet : projections et spectacles de contes

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Les deux ateliers terminés et les six films réalisés, nous avons organisé deux restitutions festives : la première à Coco Velten, lieu culturel implanté à Belsunce, et la seconde dans la salle de cinéma de l’Alhambra. L’occasion de réunir tous les participants, leurs proches, les partenaires et d’ouvrir les séances aux riverains et curieux. Désireux de partager toujours plus d’histoires, Mireille Drogoul, Bernard Ghirardi et Mohamed Adi, conteurs locaux, invités pour l’occasion, nous ont enchanté.

Les films sont désormais disponibles sur le site internet du projet Livings Legends, où vous pouvez également visionner l’ensemble des courts métrage réalisés à travers le monde.

Revivez avec nous les moments forts du projet avec la vidéo du making off !

un grand merci à

– la Cinta Corta pour cette belle aventure commune

– tous les participants et “anciens” qui se sont prêtés au jeu de la collecte d’histoires orales

– tous nos partenaires (Urban Prod, Coco Velten, le Théâtre de l’Oeuvre, l’Alhambra, l’Epide et Sigma formation)

– la Fondation SNCF

– et aux 86 personnes qui ont soutenu le projet via la campagne de crowdfunding

 

20 juin 2019 - L'équipe - Ateliers

Journée “Les femmes racontent leur(s) ville(s) – des Minguettes à Belsunce” – 14.06.2019

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Retour en images sur la journée de rencontre festive animée avec Le Tamis au centre social Velten (16 rue Bernard du Bois, 13001 Marseille), dans le cadre du projet de recherche doctorale en anthropologie de Julie Leblanc : “De l’invisibilité sociale des femmes immigrées âgées en France. Une comparaison Lyon-Marseille.”

Un très beau moment, amusant, joyeux et intelligent, durant lequel les histoires ont circulé, les imaginaires ont été stimulés et où nous avons pris le temps de réfléchir ensemble à notre ville idéale !

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25 octobre 2018 - L'équipe - Ateliers

Retour sonore sur la Fête de la Science 2018

Pour la deuxième année consécutive, Le Tamis a participé à la Fête de la Science, qui a eu lieu les 12 et 13 octobre 2018 aux Archives Départementales des Bouches du Rhône. Avec l’atelier “Histoires de mondes inconnus”, les animatrices du Tamis ont invité des dizaines d’explorateurs en herbe à se mettre dans la peau d’anthropologues pour apprendre à observer et décrire le site des Archives (le vendredi – avec les scolaires) et la “tribu” des scientifiques et leur village des sciences (le samedi – avec le grand public).

Prune nous a concocté une petite capsule sonore pour restituer l’atelier et l’expérience des participant.e.s du samedi : explorer et rendre compte de son enquête, petits et grands se sont pris au jeu ! Ça ne dure pas longtemps, c’est sans prétention, mais on y apprend comment écrire la “réalité” – rien que ça…

Et pour augmenter votre perception de l’ambiance de cette Fête, vous pouvez regarder quelques photographies de l’atelier et des productions des participant.e.s, en cliquant ici !

3 novembre 2017 - L'équipe - Ateliers

Histoires de mondes inconnus : exploration des imaginaires au cœur de l’archi-vérité

Regards alertes, oreilles tendues et crayons à la main, les explorateur.rice.s des mondes inconnus ont parcouru, vendredi 13/10 et samedi 14/10 les Archives Départementales des Bouches du Rhône, à l’occasion de la 26ème édition de la Fête de la Science, organisée en région PACA par l’association les Petits débrouillards. Collégien.ne.s, lycéen.e.s, enfants accompagnés de leurs parents et (jeunes) adultes ont été missionné.e.s par Le Tamis pour partir à la découverte des personnes, des histoires et des objets qui habitent ce lieu. Cette enquête collective à donné lieu à la création de différentes cartographies participatives, permettant de restituer les explorations.

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La Fête de la Science est une manifestation qui invite à découvrir les sciences, à s’informer sur l’actualité scientifique sous des formes variées, interactives et ludiques, en rencontrant des professionnels des diverses disciplines et de la médiation scientifique. C’est donc aux Archives Départementales des Bouches-du-Rhône que se tenait, à Marseille, le village des sciences, réunissant des acteurs scientifiques, qui proposaient sur leurs stands expériences, manipulations, expositions, conférences, spectacles, projections etc. Cet évènement nous a fourni une occasion inespérée de pénétrer dans les locaux des Archives qui ne sont ouvertes que deux fois dans l’année : lors des Journées du Patrimoine… et pour la Fête de la Science.

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Archivez, vous êtes observés

 

Durant la journée du vendredi, le Tamis a accompagné des scolaires et des jeunes adultes au cœur du bâtiment des archives, ouvert spécialement pour l’occasion, mais uniquement accessible avec l’aide des médiateur.rice.s culturel.le.s du lieu. Guidé.e.s par Paul, Isabelle et Chloé, nos jeunes observateur.rice.s ont déambulé dans les locaux des Archives, où sont stockés sur sept étages une multitude de documents… le plus ancien datant de l’an 814, année de la mort de Charlemagne !

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À la différence des visites guidées habituellement réalisées aux archives, l’exploration proposée par le Tamis demandait aux participant.e.s d’adopter une posture active : leurs accompagnateur.rice.s avaient pour consigne de ne fournir des explications que si des questions étaient formulées. Les médiateur.rice.s culturel.le.s étaient alors sollicité.e.s par les enquêteurs et les enquêtrices pour répondre à leurs questionnements sur le lieu, pour les aiguiller vers les espaces qui les intriguaient, pour ouvrir les portes interdites aux visiteur.se.s habituel.le.s, pour rencontrer de nouveaux interlocuteur.rice.s avec qui organiser de cours entretiens.

« Votre mission : rencontrer, observer, raconter »

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Chaussant leurs lunettes d’anthropologue, les participant.e.s aux ateliers organisés par le Tamis devaient, à l’issue du parcours d’exploration, rapporter leurs anecdotes d’enquête, soigneusement notées sur leurs carnets de terrain. Afin de se familiariser à la pratique de la recherche en sciences sociales, les anthropologues en herbe avaient trois missions à remplir : faire des entretiens sur le vif avec les personnes qui travaillent sur le lieu ; noter et rapporter leurs observations personnelles et leurs ressentis ; être à même de décrire ou de redessiner un des curieux objets aperçus en chemin.

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Mappa mundi collectiva et multiplex

 

De retour en salle des cartes (i.e. le stand du Tamis), les participant.e.s devaient restituer leur exploration par l’intermédiaire d’une carte en 3D représentant les lieux visités. Recherchant dans leurs carnets de terrain les rencontres et les expériences qui les avaient le plus marquées lors de leur exploration, ielles ont travaillé collectivement à fabriquer des cartouches destinés à peupler le fond de carte proposé par l’association. Entre le galet, espace inconnu qui ne faisait plus de mystère pour les explorateur.rice.s, la salle de lecture des codex, les bureaux inaccessibles au public et les divers recoins du bâtiment, les apprenti.e.s cartographes ont alimenté la carte avec les citations des personnes interviewées, leurs observations personnelles et les objets rapportés.

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Exemple de carte personnage :

Spiderman – superhéros : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. »

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Extraits des cartouches :

« Espace archives : lumière artificielle, température constante surveillée à 18°C, odeur de papier, son sifflant »

« Galet : bruit de ventilation, froid, tout gris, long couloir, épuré, sent le vieux »

Citation de Fatima J. – Historienne, géographe et agent d’accueil : « Tout est une question de point de vue ! »

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Le village des scientifiques : l’exotisme près de chez vous !

 

Le samedi, le Tamis a adapté son atelier au public des familles venues au Archives Départementales pour découvrir la Fête de la Science. Une variante de l’exploration de la veille a donc été proposée aux visiteur.se.s : aller à la découverte de « la tribu des scientifiques » et de son village, comprendre son langage décoiffant, observer ses mœurs parfois étonnantes et décrire ses objets bizarres. Il s’agissait, pour les animatrices du Tamis, d’amener les passant.e.s à porter un regard anthropologique sur l’événement de la Fête de la Science, tout en invitant les personnes à s’amuser en adoptant une posture singulière : passer du statut de visiteur.se au statut de commentateur.rice de l’évènement. Les enfants et leurs parents se sont prêté au jeu, équipés d’un simple carnet de terrain et d’un crayon, mais animés par le pouvoir phénoménal de leur imagination !

En prenant comme « terrain d’enquête » la Science – les objets, les expériences, les scientifiques, les participant.e.s se sont découverts explorateur.rice.s d’un monde…

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Après une courte présentation de cette science qu’on appelle l’anthropologie – par un exposé basé sur une collection de chapeaux incroyables –, les visiteur.se.s ont débuté leur enquête pour répondre aux questions suivantes : Qui font les sciences et les partagent ? Quelles sont les découvertes présentées lors de la Fête de la Science ? Que représentent les objets des scientifiques ? À quoi servent les expériences scientifiques ? . Les participant.e.s, passant.e.s, curieux.ses des Sciences, « coachés » par les animatrices anthropologues du Tamis ont ainsi rempli leurs missions d’exploration.

Une fois le village parcouru, ielles revenaient sur le stand du Tamis afin de partager leurs découvertes et ajouter leur carte Objet, Observation ou Personnage pour compléter la cartographie de la Fête de la Science de leurs trouvailles. Les (tout.e.s) petit.e.s, comme les grand.e.s, ont alimenté une nouvelle cartographie participative avec leurs descriptions et leurs observations, en faisant la part belle à leur point de vue sur l’expérience et en racontant leurs histoires d’exporteur.rice.s, revenu.e.s de contrées lointaines et exotiques.

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Extraits des cartouches :

« J’ai mis un casque de réalité virtuelle et j’ai eu un peu peur. – Mohammed »

« Stupéfiant ! 35 tonnes de mercure/an arrivent dans l’atmosphère en Arctique (sans compter celui venu par mer/rivière). – Guillaume »

« J’aime les expériences. – Jade »

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Cette visite expérimentale a été un prétexte ludique pour parcourir les différents stands scientifiques présents lors de cet événement, tout en familiarisant les visiteur.se.s aux sciences humaines. C’était aussi une belle occasion de partager avec les passant.e.s et les autres exposant.e.s ce qui nous meut au Tamis.

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La carte de la Fête de la Science réalisée le samedi est actuellement en exposition dans les locaux des Petits Débrouillards (organisateurs de l’évènement) à Frais Vallon.  Le Tamis envisage d’organiser une exposition des résultats de l’atelier d’« Histoire des mondes mé/inconnus », auprès des différents partenaires et participant.e.s rencontré.e.s.

 

>> Merci aux animatrices et rédactrices de ce compte rendu :

Élodie, Fleur, Julia, Marjolaine et Mikaëla

16 septembre 2016 - Mikaëla - Ateliers

Nous nous attelons, vous vous ateliers, ils s’attelleront… de requin.

Si l’année 2016 du Tamis est placée sous le signe des Correspondances, il nous incombe en cette rentrée d’en relever quelques-unes qui jalonnent nos activités du passé, du présent et du futur. L’idée est simple  : il s’agit de saisir la plume pour relier des points esseulés dans nos mémoires individuelles et de voir, au fil du trait, ce que cela produira de joli dessein collectif. À nous donc de tisser notre récit associatif en reliant les expériences éparses, pourtant toutes portées, au fond, par la même intention : Ce qui nous meut.

correspondances et constellations

Vue d’artiste de la constellation de la Grande Ourse, l’une des constellations les plus connues de l’hémisphère nord. Sidney Hall – 1825

 

La cartographie imaginaire qu’il est question d’esquisser ici concerne la place du mot “atelier” dans notre langage commun et nos activités. Entendons-nous tout de suite, aujourd’hui, nous serons loin d’épuiser la réflexion sur le vaste sujet des ateliers, lui-même imbriqué dans une constellation de concepts tout aussi passionnants (et parfois effrayants) à penser comme la transmission, l’expérimentation, l’apprentissage, la connaissance, le savoir etc. Ce billet entend simplement pointer du doigt la prolifération du mot “atelier” dans notre langue et notre pratique associative, celui-ci recouvrant diverses expériences déjà vécues et encore à vivre. En mettant en correspondance les occurrences du mot “atelier”, nous n’aurons pas répondu à toutes les questions que ce terme soulève. Une partie d’entre elles pourront cependant être identifiées et l’exercice de cartographie aura, espérons-le, donné à voir en quelques touches de couleur ce qui nous plaît dans l’usage de ce mot et ce qu’il contient lorsque nous l’employons.

Grand inventaire des ateliers

Au Tamis, nous avons de nombreux ateliers, qui prennent des formes multiples. Il convient d’en détailler quelques- uns des plus marquants :

Les membres du Tamis se réunissent régulièrement lors d’Ateliers Tables Basses. Ces rencontres physiques et mentales, autour de tables pas toujours basses mais ô combien accueillantes, sont structurées par la lecture de textes des sciences humaines et sociales choisis pour leur capacité à éclairer  et orienter l’action collective. Chaque atelier est ouvert aux électrons gravitant autour du Tamis et il est animé par les référents du collège Sciences et Techniques de l’association dans l’optique de réfléchir aux projets menés à travers un regard à la fois distancié et impliqué. Les discussions se déroulant durant les Ateliers Tables Basses sont retranscrites et retravaillées pour produire des textes-outils de réflexions et de pilotage, bases, parmi d’autres, de construction d’un socle associatif commun.

L’atelier du Tamis est un blog scientifique hébergé sur la plateforme Hypotheses.org, qui propose à des institutions universitaires et de recherche de tenir des carnets de route de leurs activités. Nous avons créé cet outil en ligne pour y travailler notre langue, nos concepts, nos intertextualités et nos outils réflexifs, en y développant un fort ancrage dans les sciences humaines et sociales. En plus de ce lien organique avec le milieu scientifique, les rédacteurs de l’atelier du Tamis travaillent la forme autant que le fond en explorant des manières multimédia d’exprimer les savoirs et de forger les outils conceptuels de l’association.

Au-delà de ces activités de réflexion et de production d’outils associatifs, Le Tamis développe un catalogue d’ateliers qui sont autant d’interventions auprès de publics variés, notamment scolaires. Initiés aux savoir-faire combinés des arts et des sciences sociales, les participants sont invités à apprendre par l’expérience de l’enquête, à travailler et produire collectivement et à mettre le monde en récits. Premiers du nom, les ateliers d’initiation aux regards anthropologique et cinématographique, ont rassemblé des enfants de la métropole marseillaise autour d’une enquête à la découverte de l’initiative Yes we camp. Travaillée à travers le prisme de l’image, cette enquête en plusieurs volets a permis aux enfants de s’approprier certains codes de la narration visuelle et des méthodologies de travail en sciences sociales.

“L’âge des découvertes”, un atelier réalisé au sein du collège Victor Hugo de la ville de Chartres durant l’hiver 2015 a quant à lui proposé à des élèves de 5ème de construire une carte imaginaire de leur établissement à partir d’une enquête de terrain miniature, durant trois journées consécutives. Entre dessin d’observation  et représentation imaginaire, la fresque du collège s’est progressivement constituée à partir d’entretiens réalisés par des petits  groupes d’élèves  avec les différents habitants des lieux, adultes comme enfants, via une traduction en images orchestrée par Florent Grouazel, auteur de bandes dessinées. Cette enquête collective a permis de récolter différents points de vue sur le collège et de laisser place à la multitude des récits. Le montage visuel et sonore ci-dessous en retrace l’expérience :

Les ateliers conçus par le Tamis pour des publics extérieurs à l’association se fédèrent depuis cette année autour d’une thématique commune, sous l’impulsion du projet Correspondances. Correspondances, sous-titré « Objets et mémoires en circulation  », propose d’interroger notre rapport au mouvement, au voyage, aux identités multiples, à l’altérité et au vivre-ensemble. Le lancement du projet aura lieu le 2 octobre prochain par une performance exceptionnelle d’un des ateliers conçus dans le cadre du projet : TISS-ME.

Le Tamis entend développer et élargir son répertoire d’ateliers en concevant une plateforme multimédia en ligne répertoriant des feuilles de routes d’ateliers à la fois simples  à mettre en œuvre et riches de réflexions, visant à aiguiller la réalisation d’expérimentations combinant démarches scientifiques et artistiques. Il s’agit de proposer des outils appropriables par tout un chacun, avec ou sans l’aide des intervenants du Tamis, et suivant une grande thématique renouvelée tous les 2 ans. Ce vaste chantier est au cœur de nos réflexions actuelles et de nos projets futurs, aussi arrêtons là le dévoilement de l’avenir. Nous y reviendrons.

point d’ancrage lexical

Pourquoi faire cet usage pléthorique du mot “atelier” ? Qu’est-ce qui nous attire tant dans ce terme ? Sommes-nous des victimes insouciantes de cette novlangue décrite par Frank Lepage et contaminant l’univers associatif et culturel à coup de mot-valise impensés mais séduisants ? Que mettons-nous dans nos mots ? Que veulent-ils dire ? Que voulons nous dire ?  Cette réflexion sur le langage est capitale pour le Tamis et nous prenons soin de peser nos mots. Ils nous questionnent et nous les questionnons.

Devant le vertige provoqué par le doute et les questions en pagaille, la lecture d’un dictionnaire démodé, parfois un peu périmé, mais aussi drôle et très souvent lumineux, peut nous remettre d’aplomb. Rien de tel que la prose XIXème d’Émile Littré pour faire refleurir notre langue de semences anciennes mais robustes  et ainsi trouver un point d’ancrage :

«

atelier

(a-te-lié) s. m.

1. Lieu où travaillent un certain nombre d’ouvriers.

En le promenant d’atelier en atelier, [Rousseau, Ém. III]

Il se promène tous les jours dans ses ateliers, [La Bruyère, 11]

Tous les ouvriers d’un atelier. L’atelier demande une augmentation de salaire. Un chef d’atelier.

2. Lieu de travail d’un peintre, d’un sculpteur. Cet artiste ne se plaît que dans son atelier.

L’atelier, les élèves d’un artiste considérés collectivement.

Jour d’atelier, jour le plus propre à éclairer un tableau, une statue.

3. En termes de fortification, excavation de fossé.

Entendre bien l’atelier, être habile à conduire les travaux d’attaque et de défense d’une place.

4. Atelier du sculpteur, nom de petites constellations du ciel méridional.  »

Dans ce dictionnaire poussiéreux, qu’avons-nous sous les yeux ? L’essentiel des ingrédients qui font que nous aimons et que nous promouvons les ateliers : un savoureux mélange de travail et de créativité, entre artisanat et art ; un lieu habité par un collectif d’ouvriers et d’artistes, où l’on se plait surtout si l’on a été augmenté ; des temps choisis pour leurs vertus éclairantes ; une place où nous forgeons nos armes et nous apprenons à nous défendre ; et même une constellation méridionale, Apparatus Sculptoris, limitrophe de celle de la grue et du fourneau. Quoi de plus lumineux pour une association marseillaise ? Promenons-nous donc d’atelier en atelier, à la recherche de leurs correspondances !

Note pour plus tard : s’atteler à approfondir la question de la pédagogie. Ou encore celles de l’apprentissage et de la transmission, parce qu’elles s’accordent au diapason que nous nous sommes donné et à notre horizon d’horizontalité.