7 octobre 2022 - L'équipe - Événements

Le Tamis fête ses 10 ans sous le signe de la Réunion

Pour ses 10 ans, l’association Le Tamis – Anthropologies coopératives propose une grande fête sous le signe de la Réunion ! Anthropologie, musique, écologie, chants et danses, et repas de l’océan indien ! La Réunion lé la !

Rejoignez-nous

le samedi 22 octobre 2022 !

Entrée libre et gratuite à la cantine de Coco Velten,
16 rue Bernard du Bois, 13001 Marseille

IMB_sDEJWa

 Au programme :

17h     Cheminer avec le plastique.
Vers une écologie décoloniale ?

Dans la lignée de nos “workchopes de bière” – des rencontres avec des jeunes chercheur.es en sciences sociales – nous invitons Mélissa Manglou, doctorante en anthropologie-géographie qui mène ses recherches sur les déchets et la pollution plastique à la Réunion.
En discussion avec Mikaëla Le Meur & Mona Lila Yuka – Anthropologues.

19h       Kèr Maloya

Kèr Maloya est un chœur qui bat au rythme du kayamb et du rouleur (roulèr). C’est l’association Fon kèr La Réunion qui a créé cette chorale qui fait vivre un répertoire de chants réunionnais et de l’Océan Indien. Cheffe de choeur: Sandra Richard.

20h30   Pierrette et ses payettes

Pierrette et ses payettes est un groupe marseillais qui reprend essentiellement du maloya et du séga, deux grands genre musicaux de la Réunion et de l’Océan Indien. Aux sonorités du séga des années 1960-70’s se mêlent les tonalités méditerranéennes du mandole algérois. Avec Sandra Richard, Sanae El Bajnouni, Kader Denednia et Samuel Foudrin.

Repas réunionnais :

Musicien et cuisinier, Samuel va nous régaler. Attention, il faut réserver !
Voici le lien de réservation où nous mettrons à jour toutes les infos.
(attention, pas de CB pour le repas – pensez aux espèces)

28 septembre 2022 - L'équipe - Jeux de piste

ALLEZ SAVOIR #3 : Voyage aux confins des temps

IMG-20220925-WA0042

« Oh non, mon sablier est bloqué !

Est-ce la première fois que le temps s’arrête ?

Y a-t-il déjà eu des fins du monde ?

Voyageurs, voyageuses,

j’ai besoin de vous pour résoudre l’énigme des confins des temps ! »

Dimanche 25 septembre 2022, le Tamis a participé à la 3ème édition du festival des sciences sociales Allez Savoir, organisée par l’EHESS en partenariat avec la Ville de Marseille, qui s’est déroulée à la Vieille charité et portait cette année sur la thématique du temps. Dans son jeu de piste “Voyage aux confins des temps”, créé pour l’occasion, l’association a proposé aux visiteurs et visiteuses de parcourir passé, présent et futur afin de questionner l’historicité et la diversité culturelle des récits d’effondrement.

Partant par petits groupes à la recherche d’indices, les explorateurs et exploratrices ont pu rencontrer des personnages fabuleux leur apportant des éléments de réflexion sur la fin des temps. Tout d’abord, la Maîtresse du temps désemparée par l’arrêt soudain de son sablier, les munissait d’une boussole insolite – un cadran de navigation spatio-temporelle – et leur priait de partir à l’aventure pour l’aider à resynchroniser le cours du temps.

3f6ddc13-e9d3-4bf0-bf7d-25973a8b8251

Dans la salle très académique du CMOT –  Comité Mondial d’Observation de la Terre – une scientifique déjantée tenait une conférence sur les dérèglements de la Terre, du soir au matin et du matin au soir en passant par le midi, et employait les plus courageux.ses pour reconstituer des archives photographiques d’animaux hybrides, mystérieusement disparus au cours des dernières décennies. Voici quelques spécimens, retrouvés par les voyageur.se.s :

IMG-20220925-WA0022
a42e1114-05e0-4da1-ad98-983a7b1990d3

Les petits groupes d’exploration, qui suivaient les ronds colorés balisant leur parcours dans les coursives du bâtiment labyrinthique, se retrouvaient ensuite un étage plus bas, au fond d’une salle du Musée d’Archéologie Méditerranéenne de Marseille, au beau milieu de représentations antiques associées à la guerre et la mort… C’est là que, d’une oreille attentive, les investigateurs et investigatrices se laissaient séduire par la tragique histoire de Cassandre, dont les yeux pouvaient voir des présages que nul ne voulait ni pouvait entendre ou croire. Le dieu Apollon avait frappée cette femme courageuse d’une malédiction, alors qu’elle avait osé lui tenir tête en refusant ses avances. Aucun rapport entre cette antique histoire et l’actualité n’est exclu !

IMG-20220925-WA0020

Puis, traversant l’Océan et gravissant les étages du musée, enfants et adultes se sont retrouvé.e.s nez-à-nez avec la Déesse maya Ixchel, dans la salle consacrée au Mexique du MAAOA. On l’associe souvent au déluge et à la destruction du monde, mais aussi à la fertilité et la maternité. Avec elle, les voyageur.se.s ont pu découvrir le fonctionnement circulaire et cyclique des calendriers mayas, et l’histoire de leur destruction par des colons européens, effrayés par les symboles représentant le serpent, un animal que les Mayas associaient pourtant aux cycles du vivant et le flux du temps.

IMG_9416

Mais pour retourner au départ du jeu et conclure l’énigme, un passage vers le futur s’imposait. C’est ainsi que les voyageurs et voyageuses ont pu rencontrer No@h, la femme augmentée, capable de capter le rayonnement de la Terre avec son antenne de haute technicité, dans son temple de l’Éternité. Programmée en langage binaire et non-binaire pour sauvegarder l’humanité à l’aide de son Arche – une embarcation de fortune en bouteilles en plastique (en réalité, une œuvre de l’exposition Objets migrateurs installée sous la superbe voute ovale de la chapelle de la Vieille Charité), elle proposait aux participants d’encoder des souvenirs du vivant et des fragments de l’histoire de l’humanité auxquels ils étaient attachés, et qu’il fallait sauvegarder en cas de catastrophe.

9ac9c0da-5297-4122-92fa-ede005531e47

Après avoir été invité.e.s à décoder les symboles de leurs cadran de navigation spatio-temporelle et à les synchroniser, les participant.e.s rencontraient enfin les deux gardiennes de l’énigme, des indices et du livre des réponses. Le jeu de piste se concluait alors par le décodage collectif d’une mystérieuses énigme permettant à chacun.e de retrouver sa place dans le présent.

09e245a9-74f2-468d-aa20-9c94afbb40ca

Plus d’une soixantaine d’aventuriers et d’aventurières de tous âges sont sortis victorieux.ses de ce parcours loufoque, poétique (et certainement un peu politique) et ont su nous éviter, vous l’aurez remarqué, un désastre apocalyptique. Merci mille fois à elles et eux !

IMG-20220925-WA0005

IMG_9439
fbe3d25c-85e0-4e5b-82b1-2ffa65a38e75

De gauche à droite: Élodie, Lucille F., Mikaëla, Flo, Julia, Violeta & Claire.

20 septembre 2022 - L'équipe - Les plis

>> Le Pli #14 – Automne 2022 : 10 ans et toutes ses…

Le Pli #14
29 août 2022 - L'équipe - Jeux de piste

#Teaser – Voyage aux confins des temps

Découvrez le teaser rétrofuturiste du jeu “Voyage aux confins des temps”, une animation proposée dans le cadre du festival des sciences sociales Allez Savoir, dont la thématique 2022 est “À contre temps“.

Le pitch du jeu :

Le jeu de piste “Voyage aux confins des temps” se déploie au sein de la Vieille Charité et propose aux visiteurs et visiteuses de parcourir passé, présent et futur, seuls ou en petits groupes d’exploration, afin de questionner l’historicité et la diversité culturelle des récits d’effondrement. Dans une ambiance mêlant raison et déraison, les participants et participantes sont amenées à rencontrer cinq personnages inspirés de l’histoire et des mythes associés à la chute civilisationnelle, la disparition des mondes ou la fin des temps, puis à résoudre une mystérieuse énigme.

Création originale de l’association marseillaise Le Tamis – Anthropologies coopératives, spécialisée dans la médiation des sciences sociales, cette animation destinée aux petits comme aux grands propose une expérience ludique stimulant la réflexion et le questionnement vis-à-vis des discours contemporains associés à la collapsologie et à la fin des temps.

Animation : Flo Boux, Julia Henin, Lucille Florenza, Violeta Scioville et Mikaëla Le Meur

 

Retrouvez une présentation des intervenantes du Tamis ainsi que toutes les informations pratiques sur le site du festival.

Lors des éditions précédentes, vous aviez aimé l’Odysée surnaturelle ? Tiss-Me – sur le fil migratoire ? Alors rejoignez-nous !

Disclaimer : ce teaser vidéo ne fait pas partie de la communication officielle du festival. C’est une initiative (décalée) du Tamis ! Voilà en revanche l’affiche officielle :

AS#3_AFFICHE-40x60
13 août 2022 - L'équipe - Enquête-collecte

Enquête Mezze, le Tamis met la main à la pâte de l’enquête-collecte “pour tous les goûts”

Entre octobre 2021 et février 2022, trois membres du Tamis  (Marjolaine, Lucille et Violeta) ont participé à un des « projets fédérateurs » du Mucem, dénommé MixMezze impliquant des usager·ère·s de structures sociales marseillaises d’âges et de quartiers différents. Ce projet s’inscrit en prolongement de l’actuelle exposition semi-permanente « Le Grand Mezzé » consacrée à la cuisine méditerranéenne. Au cœur du projet se trouvait la mission de co-créer une exposition itinérante sur la question « Qu’est-ce qu’un repas réussi ? », finalement intitulée “Pour tous les goûts”.  Neufs structures y ont participé : le CCO Bernard Dubois, le Centre Social Mer et Colline, le Centre Social Saint-Just-La Solitude, le Centre Social Le Grand Canet, le Centre Social La Capelette, EPFF, le Centre Social L’Olivier Bleu, les Muses Urbaines et Because U. Art.

Dans ce cadre, nous, les animatrices du Tamis, avons été chargées d’initier les participant.e.s aux méthodes de l’enquête-collecte,  d’accompagner ces moments d‘enquête et d’inventorier l’ensemble des matériaux. Il s’agissait, à travers ces activités, de partager les savoirs et méthodes des sciences sociales en initiant les participant·e·s à l’observation, à la re-découverte de leur environnement proche, et à l’entretien.

La recette d’une bonne enquête-collecte

Le projet a débuté avec la découverte de l’exposition « Le Grand Mezzé » au Mucem par chacun des groupes.

Visite de l’exposition « Le Grand Mezzé » par un des groupes

La formation à l’enquête-collecte se déroulait par la suite au Centre de Conservation et de Ressources (CCR) du Mucem, avant de commencer le travail de collecte dans les quartiers des centres sociaux des groupes de participant·e·s.

La visite au CCR, dans les coulisses des fonds du Mucem, a permis de se glisser petit à petit dans la peau de l’anthropologue. Il s’agissait premièrement pour les participant·e·s de s’exercer aux méthodes de l’observation et de la prise de notes. En quête d’objets en référence aux “repas” parmi tous ceux présentés dans l’appartement témoin, les participant·e·s étaient invité·e·s à partager leurs souvenirs et histoires personnelles associés aux objets. La deuxième partie des ateliers au CCR était consacrée à la formation aux méthodes d’entretiens. Nous leur proposions de réfléchir ensemble aux manières de poser les bonnes questions en tant qu’enquêteur.rice, sans intimider la personne interrogée, tout en se sentant soi-même à l’aise. Les groupes ont pu s’exercer en interrogeant le personnel du CCR.

Les ateliers d’enquête-collecte au sein des structures se sont quant à eux déroulés en deux ou trois séances par groupe. Les premiers échanges sur le thème du repas (de manière générale et personnelle),  ont permis aux participant.e.s de se rendre compte que tout le monde n’a pas les mêmes expériences et points de vues sur le sujet. Pour préparer la collecte du matériel visuel et sonore, nous avons donc imaginé des jeux de rôle et des exercices pratiques afin de les initier à certains des piliers de l’entretien semi-directif tels que l’importance de mettre de côté son avis afin d’être le plus à l’écoute possible et de recueillir la parole de l’autre.

Exercice d’initiation à l’entretien. Centre social St Just La Solitude.

Enquêteur.rice ou enquêté.e ?

Comme dans tout atelier mené par Le Tamis, notre intention de départ s’est adaptée aux envies des participants et des participantes. Selon les groupes, les enquêtes-collectes ont donc pris des orientations différentes.

Pour certains, l’enquête s’est surtout déployée en interne. Leurs membres ont pris tour à tour les positions d’enquêté·e·s ou d’enquêteur·rice·s. Ce fut par exemple le cas avec le groupe de femmes du centre social St Just La Solitude. Une grande partie des participantes se connaissait déjà en amont de la mise en place des ateliers et les séances d’enquête ont dès le départ été l’occasion de riches échanges et discussions sur tel ou tel plat, technique de cuisine, recette, etc. Toutes avaient très envie de valoriser leurs savoir faire et leurs expériences tout en étant curieuses des connaissances de leurs collègues. Nous avons donc décidé d’organiser des séances d’entretiens collectifs. Séparés en deux groupes d’environ 5/6 personnes, les participantes se sont prêtées au jeu de l’entretien en questionnant leurs consœurs pour ensuite raconter elles-mêmes leurs expériences culinaires. À EPFF, le groupe préexistait également aux ateliers et certain·e·s de ses membres se sentaient peu confiant·e·s à l’idée d’interroger des personnes extérieures au groupe. Si quelques entretiens ont été réalisés avec du personnel ou des usager·ère·s du centre social, les échanges ont surtout eu lieu entre les membres du groupe autour de la thématique des repas de fêtes tels que ceux réalisés lors de l’Aïd, de mariages, ou de naissances.

EPFF_enquête2_02

D’autres groupes sont davantage partis arpenter les alentours des centres sociaux pour recueillir des récits et des histoires de « repas réussis ». Le groupe d’enfants du CCO Bernard du Bois a par exemple mené des entretiens avec des restaurateurs ou client·e·s de restaurants et de cafés de Belsunce. Ils et elles ont même parfois dégusté de bons petits plats fraichement préparés, poussant l’enquête jusqu’à l’observation participante.

BD_enquête2_03
BD_enquête2_05
BD_enquête 3_05

Le groupe du Centre Social La Capelette est également parti en exploration dans un lieu de leur quartier : la ferme urbaine Le Talus. Si certaines l’avaient déjà fréquenté en tant qu’usagères, l’enquête fut l’occasion de changer de rôle en interrogeant les acteur·rice·s de ce lieux avec curiosité et minutie lors d’une visite guidée approfondie.

Cap_enquête2_22

Le groupe de femmes rassemblé par Because U Art a quant à lui joué le jeu des aller-retour entre des rencontres avec des commerçant·e·s du quartier de Noailles, et la collecte dhistoires d’objets apportés par les participantes. Les ateliers ont ainsi été l’occasion d’expérimenter la position d’enquêteur·rice·s et d’enquêté·e·s, voire parfois même de se positionner dans l’entre-deux de ces deux versants de l’enquête ethnographique souvent présentés comme distincts. Approcher l’Autre, l’écouter, rebondir mais aussi se raconter soi-même, échanger des anecdotes et prendre part à la discussion, autant de positions hybrides qui ont produit de fructueux matériaux d’enquête et, nous l’espérons, de riches expériences pour les participant·e·s.

La phase d’enquête collecte de ce projet d’exposition a permis de rassembler au total une soixantaine d’entretiens (représentant plus de 9h d’enregistrements), plus de 80 photos, une trentaine d’objet et une dizaine de recettes. Chaque élément de cet inventaire est accompagné d’une fiche objet, tel que pratiqué dans les enquêtes-collectes du Mucem. Tous ces éléments ont été délivrés aux équipes du Mucem et aux participant·e·s. Ils sont résumés dans un inventaire thématique réalisé par nos soins. Si notre intervention au Tamis s’est arrêtée là, des ateliers de sélection, de mise en forme et de scénographie ont été réalisés par la suite afin de créer l’exposition itinérante « Pour tous les goûts ». Lancée en juin dernier au centre social L’Olivier Bleu, elle sera exposée au CCO Bernard du Bois du 14 septembre au 12 octobre.